En 2002, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé les champs magnétiques basse fréquence générés lors de la production et de l’utilisation de courant électrique dans la catégorie «peut-être cancérogène pour l’homme».
Que les champs magnétiques basse fréquence n’aient pas été classés à un niveau de cancérogénicité plus élevé est dû au fait que les indications d’un effet cancérogène résultant des expériences sur l’animal sont insuffisantes et qu’un mécanisme biologique qui pourrait expliquer l’effet cancérogène des champs magnétiques à des intensités aussi basses fait actuellement défaut.

On distingue deux types d'effets:
- les effets d'excitation et
- les effets infraliminaires.
Les effets d´excitation correspondent au déclenchement involontaire d'impulsions nerveuses ou de contractions musculaires par des flux électriques générés dans le corps par des champs électriques ou magnétiques plus importants que ceux généralement présents dans l'environnement.
Les effets infraliminaires comprennent notamment des troubles du comportement, de la capacité d'apprentissage, du système hormonal ou du métabolisme cellulaire; ils ont été mis en évidence lors d'expériences effectuées sur des cultures de cellules, sur l'animal ou sur l'homme. On ne connaît pas encore très bien les implications de ces effets pour la santé de l'homme; les recherches doivent donc être poursuivies.
On pense également qu'il existe une relation entre les champs magnétiques de faible intensité et le cancer. En 2001, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé les champs magnétiques à basse fréquence comme "peut-être cancérogènes pour l'homme".
Effets d'excitation: effets sur la conduction nerveuse et cellulaire
Il a été prouvé que des champs électriques et magnétiques d'intensité encore plus élevée - d'une intensité qui ne se présente généralement pas dans l'environnement - sont dangereux pour l'homme. Ils génèrent des courants électriques dans le corps humain, qui déclenchent des impulsions dans les cellules nerveuses et peuvent entraîner une contraction musculaire involontaire. Le risque est particulièrement grand en cas de contraction du muscle cardiaque; c'est ce que l'on appelle la fibrillation ventriculaire.
Ces effets sur les cellules nerveuses et musculaires sont appelés effets d'excitation. Ils ont été clairement démontrés du point de vue scientifique et servent de base pour fixer des valeurs limites au plan international; ils ne se manifestent pas lorsque ces valeurs limites sont respectées.
Effets infraliminaires: troubles du comportement, de la capacité d'apprentissage, du système hormonal et du métabolisme cellulaire
Plusieurs études démontrent toutefois l'existence d'effets biologiques induits par des champs à basse fréquence dont l'intensité est nettement inférieure aux valeurs limites internationales: on parle alors d'effets infraliminaires.
Des expériences réalisées sur l'homme et sur l'animal ont, entre autres, mis en évidence des modifications du comportement et de la capacité d'apprentissage (mémorisation) ainsi que des effets sur le système hormonal.
La sécrétion de la mélatonine, une hormone épiphysaire, est notamment diminuée. La mélatonine règle le rythme biologique jour-nuit (rythme circadien), stimule le système immunitaire et inhibe la croissance tumorale. Une diminution du taux de mélatonine est associée à des troubles du sommeil, à de la fatigue ou à une humeur dépressive.
Autre effet observé des champs magnétiques basse fréquence de faible intensité: des modifications de la croissance et du métabolisme cellulaire.
Il existe donc incontestablement des effets infraliminaires, mais on ne sait pas comment ils sont induits. On ne sait pas non plus, en l'état actuel des connaissances, si, et dans quelles conditions, ils présentent un risque pour la santé.
Augmentation possible du risque de leucémie chez l'enfant
Les études épidémiologiques permettent de mieux connaître les éventuels effets du rayonnement de basse fréquence sur la santé. Depuis une vingtaine d'années, de telles études sont menées dans différents pays afin de déterminer si les champs magnétiques à basse fréquence favorisent l'apparition ou le développement de cancers.
Longtemps, ces études ont donné des résultats hétérogènes et contradictoires, mais des analyses et des évaluations récentes d'études plus anciennes arrivent maintenant à la conclusion unanime qu'à partir d'une charge moyenne de 0,4 microtesla, les champs magnétiques présentent peut-être un risque accru de leucémie (cancer du sang) chez l'enfant.
Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) arrive aussi à cette conclusion; en 2001, il a classé les champs magnétiques à basse fréquence comme "peut-être cancérogène pour l'homme". Le CIRC estime donc que, même si cela n'a pas été démontré, les champs magnétiques à basse fréquence présentent un risque de cancer.